Paris - Brest - Paris 2007

 
     

 

Par Ferdy Los(AC B Descartes)

 

 

16ème PARIS BREST PARIS Randonneur
Organisé par l'AUDAX CLUB PARISIEN

 
 

Du 20 au 24 août 2007

 
     
 

J’ai décidé de participer pour la première fois à cette randonnée mythique qui se déroule  depuis 1891. C’est une randonnée touristique qui est organisée tous les quatre ans par l’Audax Club Parisien. Elle consiste à faire à vélo dans un délai de 90 heures l’aller et retour Paris-Brest-Paris, soit 1200 kilomètres total. Le règlement n’indique pas d’articles auxquels je ne puisse pas répondre si ce n’est l’article 3 indiquant : ‘Les guidons triathlètes ainsi que toutes formes de prolongations sont interdits’ lequel m’oblige à enlever ce guidon, avec beaucoup de regret, pour cet événement. Avec l’aide morale et physique de mon club ACB, nous décidons de l’enlever à temps, toute de suite après l’accomplissement des brevets et avant quelques grandes promenades d’endurance, comme les 600 kilomètres de l’Ardéchoise, de façon que je puisse m’y habituer.   

 
 

Afin de pouvoir participer, il faut être qualifié, c’est-à-dire, avec l’inscription, il faut soumettre  les documents, prouvant avoir réalisé les distances des brevets de 200 – 300 – 400 et 600 kilomètres de longueur.

 
 

Si la santé, la condition et l’expérience de l’année dernière se maintiennent, la réalisation d’un Paris-Brest-Paris ne devrait pas poser de problème.

 

Alors pour bien me préparer à cette manifestation, et rouler en groupes, chose inhabituelle pour moi, j’ai fait les brevets suivants :

 

200 km  à  Orléans  le 4 mars

200 km  à  Châteaudun  le 11 mars

200 km  à  Cholet  le 18 mars

200 km  à  Chartres  le 25 mars

200 km  à  Angers  le 1 avril

300 km  à  Mortagne au Perche  le 8 avril

300 km  à  Cholet  le 15 avril

300 km  à  Angers  le 21 avril

300 km  à  Tours  le 29 avril

400 km  à  Angers  le 6 mai

600 km  à  Angers  le 2 juin

 
 

Avec la feuille d’inscription je reçois également un additif qui me renseigne comme suit :

 

«En cas de trop grande affluence à P.B.P. 2007, l’Audax Club Parisien se réserve le droit de limiter le nombre d’inscriptions, en particulier pour le départ de 90 heures qui ne pourra dépasser 3.000 inscrits.

Il est donc fortement conseillé de choisir le départ de 84 heures  (5 h. du matin le mardi) qui, de plus, vous permettra d’éviter les files d’attente aux contrôles».

Etant donné que je voudrais rouler ‘tranquillement’ et assister à tous les départs, je m’inscris pour les 84 heures et non les 90 heures. Le fait de partir en dernier me permet en plus, d’éprouver et de m’imprégner pleinement de l’ambiance que dégage cette manifestation dans la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Depuis 15 ans, Guyancourt (une des 7 communes de la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines) se mobilise autour du Paris-Brest-Paris Randonneur et une fois de plus c’est le lieu de départ et d'arrivée.  

En participant à cette épreuve exceptionnelle, dite "bâton de maréchal" du randonneur, je vais mesurer mes capacités physiques et surtout morales avec tant d’autres.
Tout en cherchant à obtenir le meilleur de moi-même, j’essaierai simplement de rallier l’arrivée… mais j’aurai toujours le sentiment de vivre une aventure alliant l’entraide et la convivialité qui font de ce monument d’endurance bien plus qu’une simple randonnée. Je ne cherche pas une place d’honneur, pas de podium ; seul le plaisir de ce défi me permettra de surmonter les souffrances et le moment magique de l’arrivée effacera certainement les moments de doute sur les routes de cette belle partie de France.

Je sais que je ne serai pas seul sur les routes : en compagnie de milliers de participants, venus de toute la planète, j’apprécierai les charmes du pays et je sais que nous roulons tous vers le même but : atteindre Brest et revenir à Paris.

Nous, cyclistes ne seront pas seuls : de nombreux spectateurs, peut-être admirateurs, nous encourageront tout au long de la route, voire nous ravitailleront afin de nous permettre d'atteindre le but fixé. Il faut remercier ces milliers de gens, mais nos remerciements doivent aller encore en plus grand nombre vers les bénévoles qui nous accueilleront et nous guideront du premier au dernier jour, 24 heures sur 24.

Le départ sera donné à :
Guyancourt : Pour mieux connaître la situation actuelle je me suis abonné, il y a quelque temps, sur la lettre d’information de la commune, une lettre avec un contenu moderne et qui me renseigne sur les activités de celle-ci et sur les préparatifs du PBP et où l’on peut même téléphoner au maire, monsieur François Detigné, tous les mercredis.

 

Après des années d'évolution constante, cette ville est arrivée aujourd'hui à maturité. Avec 28.600 habitants et un âge moyen inférieur à trente ans, elle est l’une des plus jeunes de France.

 
 

De nombreux jeunes couples arrivés dans les dernières décennies du siècle dernier y ont construit leur vie et fondé une famille. La ville les a alors accompagnés, en développant les services et les équipements publics. Les habitations variées sont lumineuses et éparpillées d’une façon harmonieuse.

 
 

Par exemple, dans le quartier des Saules où l’on sera garé avant le départ, il y a autour d’une petite place avec un petit plan d’eau des gradins en pierre où les gens peuvent s’asseoir et admirer la verdure et nombre de jardinières magnifiquement fleuries.

 
 

Par courriel j’avais reçu mon ‘Accusé d’inscription  FR-913’

 
 

Mon numéro de plaque de cadre est : 5 0 8 3

 
 

La Communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a initié la création d'un PASS culture pour les participants du Paris-Brest-Paris. Il nous sera remis gratuitement à partir du 17 juillet à l'Office d'information de Saint-Quentin-en-Yvelines ou directement lors du contrôle vélo, le 19 août. Il nous permettra de visiter certains des hauts lieux touristiques du secteur en bénéficiant de tarifs privilégiés (20 % pour le randonneur et 4 accompagnateurs à France Miniature, une entrée gratuite pour le randonneur et 3 € pour toute personne l'accompagnant au Potager du Roi à Versailles, une entrée gratuite pour le randonneur au château de Breteuil, etc.).

 
 

Maintenant passons au récit :

 
 

Le dimanche matin est arrivé et ce 19 août ma femme et moi, partons en voiture à 9 heures de Nouâtre par la RN.10, maintenant la D.910  Nous avons le temps jusqu’à 14.00 heures pour prendre le dossier et pour passer au contrôle de vélo.

 
 

 Le temps ne nous est pas favorable, alternance d’averses et de nuages. Je suis content parce que tout ce qui tombe maintenant ne peut plus tomber plus tard.

 

 

A Guyancourt nous nous garons dans le quartier des Saules, décrit ci-dessus et face au gymnase des droits de l’homme.

 

 

 

 

 

A 14 heures, je vais au contrôle où je mets mon vélo à la consigne.

 

 

 

Bonne organisation : numéro de contrôle sur guidon et sur le papier personnel.

 

 

C’est beaucoup mieux organisé qu’à l’Ardéchoise où je me suis fait voler le vélo dans la consigne même de l’Ardéchoise, au mois de juin de cette année, et cela seulement par un manque d’organisation. Dommage.

 

 

Aujourd’hui je ne reçois que le dossier, le contrôle de lumières se fera au moment du départ. A l’intérieur du gymnase je me présente à la section française

 

 

pour le retrait du dossier : tous mes papiers de route se trouvent bien chez eux mais pour la signature de réception de ce dossier, mon nom se trouve à la section néerlandaise

 

 

Je constate une organisation détaillée par nationalités. {voir statistiques +

 

 

Parmi les documents se trouve entre autres une carte de route manuelle, que l’on doit faire estampiller à chaque contrôle, ainsi qu’une petite carte, forme d’une carte de crédit, qui contient des données, une sorte de code barre imprimé, que chaque participant présente au pointeur ou pointeuse pour se faire enregistrer directement sur Internet. Ceci fait connaître aux intéressés, la position immédiate du cycliste

 
 

Quelque temps plus tard nous quittons le bâtiment et dehors une voix connue m’interpelle : c’est Philippe !

Nous discutons quelques instants sur le périple à faire et notre condition physique.

 
 

De retour à la voiture, il faut un coin maintenant pour se reposer. Tous les campings sont bondés. Après quelques recherches nous trouvons un coin tranquille sur le parking de l’abbaye de Port Royal.

 
 

 
 

Dans la forêt domaniale de Port-Royal nous allons faire d’abord une promenade à pied. Cette forêt possède une histoire riche et prestigieuse. L’ensemble du territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines constituait autrefois une zone marécageuse et un domaine forestier. Les noms des communes de Voisins-le-Bretonneux et de Montigny-le-Bretonneux en témoignent, puisque ‘Bretonneux’ vient du francique ‘marécage’.

 

 

La création de l’abbaye de Port-Royal. En 1003, Robert-le-Pieux confirme la donation faite à l’abbaye de Saint-Denis par la reine Adélaïde, sa mère, de la ville (…) L'abbaye a été détruite au début de la décennie 1710 par décision de Louis XIV: les religieuses furent dispersées, les cendres des défunts reposant dans le cimetière exhumées, les bâtiments ruinés.

 

 

Le lendemain nous sommes de nouveau présents à 14.00 heures aux Saules pour se garer exactement au même endroit qu’hier et là nous y resterons jusqu’au départ du mardi matin. Nous ne sommes pas les seuls. Les camping cars et autres voitures ont pris d’assaut le quartier et la population reste quand même sympa envers nous. Repos  et repas en attendant le premier départ de 20.00 heures.

 

 

Nous assistons aux préparatifs

 

 

et en début de soirée nous nous installons sur la ligne de départ face aux officiels. L’ensemble est très bien géré, chaque groupe d’à peu près 700 personnes part à la minute près chaque 20 minutes

 

 

L’ambiance est conviviale

 

 

 

Entre chaque départ il y a des animations de cirque

 

 

 

 

 

 

Philippe partira dans le groupe de 21.30 heures mais dans le noir on n’arrivera pas à le distinguer

 
 
 

Il y a un vélo mobile jaune d’un néerlandais, qui après seulement une dizaine de mètres tombe en panne et cela après le quart du rond point, il s’arrête. Heureusement pour lui que le service technique français pourra le secourir immédiatement. Une demi-heure plus tard il pouvait reprendre la route.

 
 

Une fois les troupeaux partis, j’avais envie de les suivre. Un sentiment de solitude me saisit et en plus c’est comme si je commence à prendre du retard. A côté de la ligne de départ se trouve quelques stands dont un stand spécial sur la Mayenne. Je me suis procuré le guide de cette région entre la Bretagne et la Normandie. J’ai l’intention de visiter ce pays d’art et d’histoire en vélo l’année prochaine. Qui m’accompagne ?

 
 

Nous ne resterons pas pour le feu d’artifice car dormir est primordial pour le départ du lendemain.

 
 

Le réveil mardi matin à 3.30 heures, dernière préparation du vélo, petit repas, café chaud et à 4.30 je me trouve au gymnase pour le contrôle des lumières.

 
 

Aujourd’hui il n’y a que deux départs.

 
 

A 4.45 les vélos tandems, triplettes et tous les vélos spéciaux

 
 

A 5.00 heures les vélos solos 

 
 

Avant le départ je dois faire valider ma carte de route. Je me trouve parmi des centaines de cyclistes qui attendent le départ.

 
 

Ce matin, pas d’animations, pas de tintamare, pas d’officiels mais les proches des coureurs. En silence nous sommes vite partis. Quelle différence avec hier soir. Heureusement que j’ai juste pu dire au revoir à ma femme en partant. Quittant le rond-point, le chemin à prendre n’est pas large. Hier soir il y en avait plusieurs qui voulaient déjà passer à toute allure ce rétrécissement . . . et tous en même temps . . . cela ne va vraiment pas. Aucun accident heureusement.

 
 

Maintenant, les choses sérieuses commencent : le ‘warming-up’, voir si je me sens en forme. Il fait noir et frisquet. Enfin, il ne pleut pas et c’est cela qui compte. Je me préchauffe vite. Les chemins inconnus sont dangereux dans la nuit et d’après l’organisation pleins d’obstacles pendant les premiers 50 kilomètres jusqu’à Gambais. Nous sommes accompagnés par des motards. Je les vois surveiller la circulation et nous donner la priorité aux carrefours. Je pense que nous sommes à peu près 600 à 700 cyclistes. Des cyclistes ; devant, derrière, sur les cotés ; impossible d’échapper. Je me laisse entraîner et surtout ne pas me fatiguer.  Cette fois-ci il m’est impossible de me tromper de route comme cela m’est arrivé plusieurs fois pendant les brevets. Je souris tout seul. C’est du passé maintenant.

 
 

Après le village de Gambais, les obstacles comme des ralentisseurs sont enfin finis. Le troupeau de cyclistes commence à se disperser lentement et on commence à respirer, c’est-à-dire se détendre. Avec le levée du jour je vois mieux les cyclistes autour de moi. Le paysage n’a pas l’air choquant. On se parle peu et chacun a l’air de rouler pour lui-même. Autour de moi je ne vois même pas de groupes organisés. Ce que je vois c’est le vélo mobile jaune du néerlandais qui apparemment n’avance pas vite. Il n’est qu’ici. En doublant je lui lance les mots : ‘ça marche’ ? Il ne répond même pas (oh ! il a certainement une mauvaise humeur). Espérons qu’il arrivera à destination. Je file.

 
 

D’après la carte de route le premier ravitaillement se trouve à Montagne au Perche, à 140 kilomètres. Sur l’aller à Brest nous allons rencontrer deux contrôle secrets !  Je me demande comment il faut interpréter le mot ‘secret’ puisqu’il me semble difficile de dissimuler un contrôle quand des milliers de cyclistes sont concernés. Enfin je verrai bien.

 
 

Sans aucun problème, Mortagne-au-Perche approche. Les panneaux de PBP sont bien visibles et sur la butte de Mortagne se trouve le ravitaillement dans un centre des sports avec autour du bâtiment des stands publicitaires bâchés, et où tout le monde se gare à gauche et à droite pour aller manger, boire et se détendre un peu. Comme je m’attends un peu à un contrôle secret, je m’arrête aussi. Etant donné qu’il n’y a rien comme contrôle autour du bâtiment, je rentre avec les cyclistes à l’intérieur du bâtiment et je ne vois que des possibilités de restauration payante. Alors je me mets à une grande table, à côté d’un individu qui avait l’air un peu fatigué déjà ; j’enlève mon sac à dos et commence à manger mon pain, soigneusement préparé par ma femme Eliane. J’ai du choix entre différentes sortes de fromages, pain d’épice et des croquettes de gâteaux nourrissants. Ces croquettes au goût de citron ou de noix sont faites par Eliane, qui a reçu la recette de Claude, notre copain cycliste des montagnes dans le Dauphiné. Derrière moi, la table est occupée par une dizaine d’Américains. J’écoute leur conversation. Ils ont des accompagnateurs/trices à leurs disposition. Les cyclistes commandent et une accompagnatrice exécute. Elle cherche l’alimentation demandée pour ne pas fatiguer le gars ? Je les trouve bruyants. Après avoir mangé mon pain je prends une compote de pomme de mon sac., une petite cuillère et mange mon dessert. En peu de temps je suis prêt et décide de ne perdre de temps après seulement 140 km donc je repars.

 
 

De nouveau sur mon vélo, je descends de Mortagne vers Villaines la Juhel. Au fait, je me rends compte qu’il n’y n’avait pas de contrôle à Mortagne. Mais est-ce que j’ai bien regardé ? Tout à coup je me fais des idées de l’avoir loupé.  . . . .

 
     
 

 Pour lire la suite, rendez-vous sur le site de l’ACB Balesmes à cette adresse :

http://acb-descartes.org 

 
     
 

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