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Un lochois sur le Tour de France Cyclotouriste 2004 |
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Article paru dans le journal "La Renaissance Lochoise" |
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L'homme à la socquette légère |
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EXPLOIT Certes, Claude Claveau ne joue pas dans la même cour que Lance Armstrong, mais, licencié à la Société Vélocipédique Lochoise, il a participé au Tour de France cyclotourisme. A 69 ans, l'ancien boulanger des BasClos a couvert en 21 étapes sans jours de repos, 3 200 kilomètres. |
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Connaissez-vous beaucoup de personnes âgées de 69 ans qui grimperaient l'Alpe-d'Huez en vélo ? Claude Claveau l'a fait. Exploit d'autant plus remarquable que ce n'était qu'une étape parmi les vingt et une du Tour de France cyclotourisme qu'il a terminé, le 10 juillet, à La Rochelle. L'ancien boulanger de l'avenue des Bas-Clos, à Loches, a réalisé un rêve en parcourant en compagnie de cent quarante deux autres mordus de la petite reine, 3 200 kilomètres en vingt et un jours. |
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Pourtant, Claude Claveau est venu assez tard au vélo : "Après avoir vendu la boulangerie, nous avons monté la Société Vélocipédique Lochoise (SVL), le club de cyclotourisme de Loches, avec James Mérillon, il y a huit ans. Avant, je n'avais jamais fait de vélo". |
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Claude Claveau a eu une révélation pour le Tour de France cyclotourisme, en 2002, quand il a participé à une étape dans la Charente Maritime. Mais plus que l'aspect sportif, c'est l'esprit qui lui a plu : "Rouler ensemble, c'était agréable. Et puis, il y a l'accueil dans les villages, les gens qui applaudissent... Je me suis dit : je fais le Tour en 2004 !" |
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Février : il débute les entraînements. La Fédération française de cyclotourisme (FFCT) lui impose de faire 3 000 kilomètres dans l'année. Il en fait 4 300, dont 500 kilomètres en trois jours. Il repère le terrain et enchaîne les cols alpins : l'Isoard, le Galibier, le Lautaret, le col de Vars. A Pâques, il s'attaque aux deux faces enneigées du Ventoux et à ses pentes à 16 %. Tout cela, pour avoir la meilleure condition physique possible, pour ne pas craquer. |
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"La motivation est fondamentale" |
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Annette, son épouse, le sait et le taquine avant chaque dîner entre amis "Tu ne parles pas du Tour ce soir ?". Mais Claude Claveau ne tient pas longtemps et immanquablement la conversation dévie. Car " le Tour, c'est 50 % dans la tête, 50 % dans les jambes", martèle-t-il. |
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Bref. De quoi être au top pour le Jour J : 20 juin. L'aube se lève sur La Rochelle et Claude Claveau enfourche son vélo en alu et carbone. Annette le suit dans le camping-car. Puis il s'élance en compagnie de ses cent quarante-deux collègues. Le plus jeune a 38 ans, le plus âgé 73. Dix-huit femmes font partie du peloton. Il ne reviendra que vingt et un jours plus tard. Entre-temps, il y aura eu les plaines du Bassin Parisien, les Ardennes, les Vosges, le Jura, puis les Alpes, le Massif Central et enfin les Charentes. Vingt et une journées calées sur le même rythme : départ à 8 heures après un solide petit déjeuner, le pique-nique à 12h45 et l'arrivée à 17 heures. Les forçats de la route roulent par petits groupes. Le public accueille enthousiaste ce Tour. D'ailleurs, les petits cadeaux s'accumulent dans le camping-car. |
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148 km en dix heures |
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Le souvenir le plus marquant? L'étape Albertville - l'Alpe d'Huez. 148 kilomètres en dix heures, avec les cols de la Madeleine et du Glandon pour finir par les vingt-et-un virages baptisés du nom d'illustres prédécesseurs, Hinault, Merckx, Anquetil... "Il faisait très chaud. Les cinq premiers kilomètres, c'était un mur. La bête noire". |
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La solidarité l'a aidé à passer cette épreuve : "Nous avons monté à deux avec un copain. Tous les trois virages, on mettait pied à terre et on buvait un coup". Et ils l'ont franchi. Le lendemain, ils reprendront le départ alors que le thermomètre affiche 4 °C. |
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Claude franchira l'arrivée après un parcours sans chute. Juste une seule crevaison et une roue fendue. Son rêve s'est accompli. Il ne recommencera pas cette épreuve : "peut-être que je ne referais qu'une étape des Pyrénées, pour retrouver les gars. C'est une grande famille. C'est la solidarité avant tout. Si un gars a un problème, on lui donne une roue et on grimpe ensemble". |
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En ce moment, Claude Claveau est sur sa machine à parcourir les routes de l'Est de la France. Même à 69 ans, les héros ne sont jamais fatigués. |
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François Fromentin |
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